Bandundu face à l’urgence foncière : Guylain Mukasa appelle à stopper l’anarchie avant qu’il ne soit trop tard
L ’urbanisation de Bandundu-Ville inquiète. Entre l’expansion rapide des ravins, les lotissements non viabilisés et les pratiques foncières encore largement basées sur des méthodes traditionnelles, la ville risque de reproduire, à une échelle plus réduite, les mêmes erreurs que Kinshasa.
Pour l’Ingénieur Guylain Mukasa, CEO de Salima Invest, le problème est avant tout celui d’une urbanisation réalisée sans suffisamment d’outils modernes de planification et de contrôle.
Selon lui, certains espaces auraient été lotis sans études topographiques suffisamment actualisées, notamment dans des zones exposées aux ravins. À chaque forte pluie, ces érosions gagnent du terrain, menaçant les habitations et la quiétude des populations.
Le foncier à l’épreuve de la technologie
Guylain Mukasa pointe également les limites des méthodes traditionnelles encore utilisées dans certaines opérations foncières. Il plaide pour l’utilisation systématique du drone, des stations CORS et de la cartographie numérique afin d’identifier précisément les zones constructibles et celles présentant des risques.
Son constat est sans détour : on ne devrait plus attribuer une parcelle sans savoir exactement où elle se trouve et sans connaître les risques auxquels elle est exposée.
L’ingénieur propose ainsi la création d’une antenne technique capable d’accompagner les services fonciers de Bandundu dans la modernisation de leurs méthodes de travail.
Viabiliser avant de vendre
Au cœur de sa proposition figure un changement radical de méthode : « la viabilisation avant le titre ».
Il préconise que les nouveaux lotissements soient conçus avec les infrastructures essentielles avant leur commercialisation : routes, caniveaux, accès à l’eau et à l’électricité, écoles, marchés et espaces de stationnement.
Pour lui, délivrer des titres sur des terrains non viabilisés revient à déplacer le problème plutôt qu’à construire durablement la ville.
Un avertissement aux autorités
L’Ir Guylain Mukasa appelle donc les autorités à profiter de la saison sèche pour engager un recensement et une cartographie complète de Bandundu-Ville, notamment des zones menacées par les ravins.
Sa proposition est claire : cartographier les zones à risques, les classer comme non constructibles, moderniser les services fonciers et imposer une véritable planification avant tout nouveau lotissement.
« Bandundu peut encore être corrigée avant que la situation ne devienne incontrôlable », estime-t-il, en faisant de cette ville un laboratoire de l’urbanisation moderne en RDC.
Pour Guylain Mukasa, l’enjeu dépasse donc Bandundu : ce qui sera fait aujourd’hui dans cette ville pourrait servir de test grandeur nature pour les futures politiques d’aménagement urbain du pays.
Rédaction || MC