Conflit foncier entre Kahunji et Mampungu : Emery Luhano appelle au calme et à l’intervention des autorités
K ikwit, 21 août 2026 — Le député provincial coopté de Gungu, Emery Luhano, a fixé l’opinion sur le conflit foncier opposant le village Kahunji, dans le groupement du même nom, au groupement Mampungu, dans le secteur d’Ibongo, territoire de Bulungu.
S’exprimant lors d’un point de presse organisé ce vendredi à l’espace Bikuna, à Kikwit, l’élu provincial a apporté des précisions sur un différend qui, selon lui, remonte à plus d’une décennie et oppose notamment les territoires de Gungu et de Bulungu, particulièrement les secteurs de Mungindu et d’Ibongo.
Propriétaire et cédant d’une concession de plus de 2 000 hectares attribuée à la station de l’INERA Kiyaka, Emery Luhano affirme que le dossier de la concession Lutete a fait l’objet de plusieurs procédures judiciaires. Il soutient notamment que le Tribunal de grande instance de Bulungu s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur du groupement Kahunji, présenté comme propriétaire de ladite concession.
Selon son récit, à la suite de plusieurs décisions judiciaires et alertes, une opération de déguerpissement des occupants considérés comme illégaux aurait été menée le 19 août 2026 dans la forêt de Lutete, avec l’accompagnement des éléments de la GMI et l’appui de l’Auditorat militaire de garnison du Kwilu-Kwango-Mai-Ndombe.
La situation aurait toutefois dégénéré après cette opération. Emery Luhano affirme que des personnes mécontentes de la décision judiciaire auraient eu recours à des violences, faisant état de deux femmes victimes de violences sexuelles, de plusieurs blessés et de personnes portées disparues. Ces allégations, compte tenu de leur gravité, nécessitent des vérifications et des investigations par les autorités compétentes.
Face à cette situation, le député provincial appelle les autorités administratives, judiciaires et sécuritaires à s’impliquer rapidement afin de prévenir une aggravation du conflit. Il redoute notamment que les tensions foncières ne prennent une ampleur comparable à d’autres phénomènes d’insécurité ayant affecté le Grand Bandundu et certaines zones de Kinshasa.
« Il faut que les autorités compétentes s’imprègnent au plus vite de cette affaire afin d’arrêter cette hémorragie », a-t-il plaidé, appelant à privilégier les voies légales pour régler le différend.
Emery Luhano a également rejeté ce qu’il qualifie de « malentendus » et de manipulations autour de son implication dans le dossier. Il invite ceux qui s’expriment sur cette affaire à prendre en compte son historique et la genèse du conflit foncier.
En conclusion, le député provincial a exhorté la population concernée à garder son calme, à éviter toute forme de violence et à laisser la justice faire son travail.
Alors que la tension demeure perceptible dans les zones concernées, l’enjeu principal reste désormais de rétablir la sécurité, de protéger les populations civiles et de permettre aux institutions compétentes de trancher définitivement le différend foncier conformément à la loi.
SUMBULA BILLY PAUL || Correspondant/Kwilu