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Jacques Djoli Eseng'Ekeli : « Le vrai défi n’est plus la Constitution, mais son application »

📅 19 February 2026 ✍️ jonasndunda1@gmail.com 🏷️ Catégorie : Politique
Jacques Djoli Eseng'Ekeli : « Le vrai défi n’est plus la Constitution, mais son application »

L e peuple de la République démocratique du Congo a commémoré le 18 février le vingtième anniversaire de sa Constitution promulguée en 2006, texte qui sert de fondement aux institutions nationales. À cette occasion, un colloque scientifique a été organisé à Kinshasa par l’Institut pour la démocratie, la gouvernance, la paix et le développement en Afrique, en collaboration avec l’Université de Kinshasa. Parmi les intervenants figurait le constitutionnaliste Jacques Djoli Eseng'Ekeli, élu de la Tshuapa, qui a dressé un bilan analytique de deux décennies d’application de la loi fondamentale.

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Dans son exposé, il a rappelé que la Constitution du 18 février 2006 est née dans un contexte marqué par les conflits armés et les divisions politiques. Elle avait pour mission de reconstruire l’État, renforcer la cohésion nationale et instaurer un système démocratique capable d’éviter les dérives autoritaires du passé. Pour atteindre ces objectifs, les rédacteurs du texte ont adopté un modèle institutionnel combiné, mêlant des éléments présidentiels et parlementaires, ainsi qu’une organisation territoriale conciliant unité nationale et autonomie provinciale.

Ce dispositif prévoit notamment un Président élu au suffrage universel disposant de pouvoirs importants, un gouvernement responsable devant le Parlement et des provinces dotées d’institutions propres et d’une autonomie partielle, y compris financière grâce au mécanisme de rétrocession des recettes nationales. Toutefois, selon l’orateur, cette architecture a montré plusieurs faiblesses au fil des années, notamment l’imprécision autour du statut réel des provinces, les tensions régulières entre les autorités centrales et provinciales, l’insuffisance des moyens administratifs et financiers ainsi que les rivalités politiques liées à la multiplicité des niveaux de pouvoir.

Face à ces défis, le professeur plaide pour des ajustements structurels. Il recommande entre autres de clarifier l’organisation territoriale, de sécuriser les mécanismes de financement des provinces, de renforcer la formation institutionnelle des responsables publics et de limiter l’influence politique dans la gestion administrative. Il propose aussi une évaluation du découpage provincial afin d’identifier les déséquilibres et d’y apporter des corrections adaptées.

Pour lui, le véritable enjeu aujourd’hui ne réside plus dans la rédaction d’une nouvelle Constitution, mais dans l’application effective de celle qui existe. Il estime que seule une volonté politique collective, fondée sur le respect des règles et l’esprit de consensus, permettra de consolider durablement l’État et de donner tout son sens au texte fondamental. En somme, vingt ans après sa promulgation, la Constitution congolaise reste un cadre ambitieux dont la réussite dépend désormais de la pratique institutionnelle et de la maturité politique des acteurs publics.

Arnold NDUNDA 

0819417337

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