Kolwezi : les creuseurs artisanaux ont manifesté contre les contrôles miniers
L ualaba : Les activités ont été perturbées lundi 19 octobre dans plusieurs quartiers de Kolwezi, où des creuseurs artisanaux ont manifesté contre les opérations de contrôle dans les entités de traitement et les comptoirs d’achat de minerais. De Kasulo à l’UCK, en passant par Kanina, Musonoie, Kazembe et l’axe T17, la contestation s’est étendue à plusieurs artères de la ville.
À l’origine de cette mobilisation, les exploitants ont dénoncé la fermeture de certains comptoirs et les restrictions qui ont compliqué la commercialisation de leur production. Ces difficultés ont réduit leurs revenus et fragilisé de nombreuses familles dépendantes de l’exploitation artisanale.
Des incidents ont perturbé la circulation
Sur l’axe Kasulo-Luilu, des véhicules ont été caillassés et des passagers blessés, selon les informations recueillies. Des pneus ont également été brûlés sur la route nationale numéro 39, perturbant la circulation.
À Kanina et Musonoie, des véhicules ont été pris pour cible par des projectiles. À Kasulo et Kazembe, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Ces derniers ont notamment réclamé la réouverture des comptoirs d’achat de minerais.
Les zones d’exploitation artisanale au cœur des revendications
Au-delà des contrôles miniers, les creuseurs ont dénoncé la lenteur des travaux d’aménagement des zones d’exploitation artisanale (ZEA) promises par le gouvernement.
Délocalisés de T17 vers Kasulo, des milliers d’exploitants ont attendu la fin des travaux de découverture et de viabilisation pour reprendre leurs activités. Le 14 juillet dernier, le directeur général du SAEMAPE, Jean-Paul Kapongo, a lancé les travaux sur la ZEA 786 de Kasulo, en présence de la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saïni. Toutefois, leur progression a suscité des inquiétudes parmi les creuseurs.
À Kamilombe, les exploitants ont également exprimé leurs craintes face à la perspective de quitter leur site sans solution de remplacement satisfaisante. Les autorités provinciales ont évoqué la ZEA 371 comme site d’accueil, mais les creuseurs se sont interrogés sur son éloignement, son aménagement et son potentiel minier.
Le gouvernement a par ailleurs annoncé la perspective de mettre à disposition 33 zones d’exploitation artisanale, dont la concrétisation est restée attendue sur le terrain.
Cette mobilisation a ainsi traduit un malaise économique plus profond, marqué par les difficultés de vente des minerais, les relocalisations et les retards dans l’aménagement des sites promis.
Aucun bilan officiel des incidents ni aucune réaction des autorités sur les revendications des manifestants n’ont été disponibles au terme de cette journée de contestation.
Rédaction || MC