Médias : L’impératif déontologique du regard, entre souveraineté et pacification
À l’aune de la Journée mondiale de la liberté de la presse, Merlin Meyi Kamalandua, figure de proue de l’UNCC, a théorisé la fonction du caméraman non plus comme un auxiliaire technique, mais comme un rempart sémantique contre l’instabilité chronique qui fragilise la République Démocratique du Congo.
Sous les auspices du thème « Façonner un avenir de paix », la célébration du 3 mai 2026 à Kinshasa a pris une dimension quasi doctrinale. Loin des commémorations rituelles, le président de l’Union Nationale des Cameramen du Congo (UNCC) a profité de cette tribune pour exhorter ses pairs à une transmutation identitaire. Face à la porosité des frontières numériques et à la virulence des officines de désinformation, le « cadreur » est désormais investi d'une mission régalienne : celle de stabiliser le récit national par la rigueur de l'optique.
L’image, vecteur de cohésion et instrument de résistance
Pour Merlin Meyi Kamalandua, l’esthétique de l’image ne saurait se dissocier d’une éthique de la responsabilité. Dans une allocution aux accents solennels, il a dépeint un métier à la croisée des chemins, où chaque plan devient un acte politique. Saluant la « hardiesse politique » du Chef de l'État Félix Tshisekedi et la « vigilance stratégique » du ministre Patrick Muyaya face aux velléités de déstabilisation informationnelle, il a rappelé que l'image est une arme à double tranchant.
« Le caméraman n’est plus un simple exécutant de la captation. Il s’érige en vigie de la vérité, en architecte de la concorde et en médiateur des consciences », a-t-il affirmé, soulignant la capacité d'une séquence visuelle à apaiser les antagonismes ou, à l'inverse, à exacerber les fractures sociales.
Un patriotisme visuel contre le « poison » de la manipulation
Au cœur de cette réflexion réside la lutte contre la désinformation systémique. L’UNCC appelle à un discernement patriotique : il ne s’agit point d’une apologie aveugle, mais d’une mise en lumière de la résilience congolaise face aux récits exogènes délétères.
Les piliers de cette nouvelle praxis sont sans équivoque :
- La probité du regard : Refuser la mise en scène du chaos.
- La loyauté éditoriale : Soutenir, par la documentation rigoureuse de leur bravoure, les Forces Armées (FARDC).
- Le rejet de l’aliénation : Contrer les narratifs d'influence étrangère par une production visuelle endogène et authentique.
La sémiotique au service de la Nation
En martelant que « filmer, c’est choisir », Merlin Meyi Kamalandua a rappelé que l'acte de cadrer est une omission délibérée qui oriente la perception du monde. En cette journée symbolique, l’UNCC n'a pas seulement plaidé pour une liberté de diffusion, mais pour une liberté de conscience.
L’enjeu est désormais d’ériger le professionnalisme de l'image en un levier de souveraineté, garantissant qu'en RDC, la liberté de la presse soit indissociable d’une quête incessante de stabilité et d’unité nationale.
Rédaction || MC