RDC: la CENAREF et l’ONEC serrent l’étau contre la falsification des comptes
L a République Démocratique du Congo vient de franchir une étape importante dans son combat contre la criminalité financière. La Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF) et l’Ordre National des Experts-Comptables (ONEC) ont signé ce mercredi un protocole d’accord visant à mettre fin aux pratiques de manipulation des états financiers, souvent utilisées comme tremplin au blanchiment de capitaux et à la fraude.
La cérémonie s’est tenue en présence du Secrétaire Exécutif de la CENAREF, Adler Kisula Betika Yeye, et du Président national de l’ONEC, Jean-Marie Tumba Kabalambi. Par cet acte, les deux institutions s’engagent à travailler en synergie pour assainir les pratiques comptables et protéger l’intégrité du système financier congolais.
Une réponse aux exigences internationales
Cet accord s’inscrit dans le cadre des recommandations du Groupe d’Action Financière (GAFI), qui a placé la RDC sous surveillance renforcée. Pour sortir de cette zone grise, le pays doit démontrer sa capacité à réprimer efficacement le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. La CENAREF, investie du rôle de régulateur des Entreprises et Professions non financières désignées (EPNFD), voit ainsi son partenariat avec l’ONEC comme une pièce maîtresse dans ce dispositif.
Ce que change le protocole
Le texte signé prévoit plusieurs mesures concrètes :
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Formation renforcée des experts-comptables sur les techniques de détection des transactions suspectes ;
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Partage systématique d’informations entre la CENAREF et l’ONEC sur les comportements financiers douteux ;
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Contrôles accrus, aussi bien documentaires que sur le terrain, dans les cabinets d’expertise comptable ;
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Sanctions pécuniaires et disciplinaires contre tout professionnel reconnu complice de falsification ou de dissimulation.
Ces dispositions trouvent leur fondement dans l’arrêté ministériel n°053 du 11 août 2025, qui confère une base légale aux sanctions prévues.
Tolérance zéro contre les pratiques frauduleuses
L’accord envoie un message clair : la falsification des bilans et la dissimulation d’informations financières ne passeront plus sous silence. Les experts-comptables, considérés comme les garants de la transparence des comptes, devront dorénavant signaler toute opération suspecte, sous peine d’être sanctionnés au même titre que les entreprises fautives.
Pour les autorités, cette initiative vise à restaurer la confiance dans les institutions financières, améliorer le climat des affaires et rassurer les investisseurs. Elle constitue également une mise en garde à l’endroit des acteurs économiques tentés par des pratiques frauduleuses.
Une alliance stratégique
Au-delà du symbolisme, cette collaboration traduit une volonté politique de rompre avec l’impunité. La CENAREF et l’ONEC promettent d’unir leurs moyens pour identifier les stratagèmes financiers illicites, prévenir les dérives et sévir contre les contrevenants.
En renforçant la surveillance et en responsabilisant les professionnels de la comptabilité, les deux structures espèrent instaurer une culture de redevabilité et de transparence dans la gestion des entreprises.
Arnold NDUNDA
0819417337