RDC|| Politique : le RCET-CPS soutient l’arbitrage de Tshisekedi et annonce une marche le 14 septembre
1 8 août 2026. À moins d’un mois de la rentrée parlementaire, le débat institutionnel prend une nouvelle dimension en République démocratique du Congo. Le Rassemblement des Compagnons d’Étienne Tshisekedi pour le Changement et le Progrès Social (RCET-CPS) a affiché, mardi à Kinshasa, son soutien au chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, tout en durcissant le ton face à l’opposition.
Au cours d’un point de presse, la plateforme politique dirigée par Jean-Pierre Lisanga Bonganga a notamment salué le renvoi au Parlement, pour une nouvelle lecture, de la loi dite « Ngondankoy » relative au référendum. Le RCET-CPS considère cette décision présidentielle comme une mesure de prudence destinée à consolider le cadre juridique du processus.
Une relecture présentée comme un gage de prudence
Pour les responsables du RCET-CPS, le renvoi du texte devant les parlementaires ne constitue pas un recul, mais plutôt une occasion d’approfondir l’examen d’une loi appelée à encadrer une procédure aux conséquences institutionnelles majeures.
La plateforme estime qu’une promulgation précipitée aurait pu nourrir davantage de contestations dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions. Elle présente ainsi l’arbitrage présidentiel comme une volonté de privilégier la stabilité institutionnelle et la sécurité juridique.
Le changement de Constitution au cœur du plaidoyer
Le RCET-CPS a également réaffirmé son soutien au projet de changement de Constitution. Pour la plateforme, la réforme de la Loi fondamentale doit notamment permettre d’inscrire explicitement le principe selon lequel l’accès au pouvoir politique ne peut passer par la voie des armes.
Cette position est présentée comme l’un des principaux enseignements tirés des différentes séquences de dialogue politique ayant marqué l’histoire récente du pays, de la Conférence nationale souveraine au dialogue de la CENCO, en passant par les accords de Sun City.
Jean-Pierre Lisanga Bonganga estime que cette orientation s’inscrit également dans la continuité de la pensée politique d’Étienne Tshisekedi, dont le mouvement revendique l’héritage.
Une mobilisation annoncée avant celle de l’opposition
Le climat devrait surtout se tendre à l’approche de la rentrée parlementaire. Le RCET-CPS a annoncé une marche pacifique pour le lundi 14 septembre 2026, soit la veille de la manifestation projetée par la coalition d’opposition C64.
Cette dernière entend mobiliser ses partisans le 15 septembre, date annoncée de la rentrée parlementaire, avec le Palais du Peuple comme point de chute. Le RCET-CPS voit dans cette initiative un risque de confrontation politique et de perturbation de l’ordre public.
La marche du 14 septembre aura, selon ses initiateurs, trois objectifs : soutenir les institutions et les Forces armées de la RDC face à l’agression extérieure, appuyer le processus législatif relatif au référendum et promouvoir le changement de Constitution.
Le spectre d’un face-à-face politique
À l’approche de septembre, Kinshasa pourrait donc connaître deux mobilisations successives portées par des camps aux positions diamétralement opposées. Le choix du RCET-CPS d’organiser sa manifestation vingt-quatre heures avant celle annoncée par le C64 ajoute une dimension nouvelle à un débat déjà fortement polarisé.
Pour Jean-Pierre Lisanga Bonganga, le principe demeure toutefois celui d’une conquête démocratique du pouvoir. « En démocratie, le pouvoir s’acquiert par les urnes et non par la force », a-t-il rappelé, avant de lancer un avertissement en lingala : « Oyo azali na matoyi ya koyoka, ayoka ! »
À moins d’un mois de la rentrée parlementaire, le débat sur la Constitution dépasse ainsi le seul cadre juridique. Il s’impose désormais comme l’un des principaux fronts de la confrontation politique congolaise, entre partisans de la réforme et opposants à toute modification de la Loi fondamentale.
Arnold NDUNDA
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