ANAMED-RDC : l’agence du médicament entre dans sa phase décisive
C inq jours de discussions, de diagnostics et d’arbitrages techniques auront été nécessaires pour dessiner les contours de la nouvelle architecture pharmaceutique congolaise. Mardi 18 août, à l’hôtel Béatrice de Kinshasa, les travaux consacrés à l’opérationnalisation de l’Agence nationale du médicament (ANAMED) ont pris fin, ouvrant désormais la séquence, plus exigeante, de la mise en œuvre.
Autour de la table : responsables de l’ANAMED, experts, cadres techniques, représentants des ordres professionnels, du monde académique et partenaires techniques et financiers. Tous ont travaillé à transformer une réforme institutionnelle en un dispositif capable de répondre à l’un des défis les plus sensibles du système de santé : garantir aux Congolais des médicaments disponibles, fiables et conformes aux normes de qualité.
Présent à la cérémonie de clôture, le directeur général de l’ANAMED, le professeur Paul Tshilumbu, accompagné de son adjoint, le docteur Simon Kapenga, a insisté sur la portée collective de cette transformation. L’ambition, a-t-il rappelé, est de construire une agence suffisamment robuste pour exercer pleinement ses missions de régulation et de gouvernance du secteur pharmaceutique.
L’enjeu est également organisationnel. L’atelier a notamment examiné les modalités de transfert des responsabilités jusque-là assumées par le Programme national d’approvisionnement en médicaments (PNAM), ainsi que les mécanismes devant permettre à l’ANAMED de prendre progressivement la main sur la coordination du système national d’approvisionnement.
Les cinq jours de travaux ont débouché sur plusieurs instruments structurants : une cartographie institutionnelle, une répartition des rôles et responsabilités, un projet d’organigramme, une feuille de route couvrant les douze prochains mois et des orientations destinées à organiser les relations entre l’agence et le secteur privé.
Ces documents constituent désormais la première boussole de l’ANAMED. Mais leur adoption ne suffira pas. La crédibilité de la réforme se mesurera à sa capacité à produire des effets concrets dans un secteur où les ruptures d’approvisionnement, la qualité des produits et leur accessibilité restent des préoccupations majeures.
Pour Paul Tshilumbu, la réussite de cette entreprise suppose donc une mobilisation durable des institutions publiques et de l’ensemble des acteurs concernés. L’objectif affiché est de faire émerger une autorité pharmaceutique indépendante dans son expertise, rigoureuse dans ses procédures et suffisamment opérationnelle pour imposer des standards élevés.
Créée dans le cadre de la réforme du secteur pharmaceutique, l’ANAMED est appelée à occuper une place centrale dans la régulation du médicament en République démocratique du Congo. Sa montée en puissance intervient dans un environnement où la confiance dans la chaîne pharmaceutique constitue un enjeu autant sanitaire qu’économique.
Le temps des orientations laisse donc place à celui de l’exécution. La feuille de route est désormais sur la table. Reste à transformer les engagements pris à Kinshasa en une administration pharmaceutique efficace, capable de protéger les patients et de renforcer durablement la sécurité du médicament en RDC.
Arnold NDUNDA
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