DIPLOMATIE : ENTRE OFFENSIVE À NAIROBI ET FRONDE CONTRE PARIS, LE RCET-CPS DE LISANGA BONGANGA FAIT LE BILAN DU PRÉSIDENT TSHISEKEDI
A lors que la République démocratique du Congo multiplie les percées diplomatiques sur la scène internationale, le Rassemblement des Compagnons d'Etienne Tshisekedi (RCET-CPS) monte au créneau. Entre la célébration des succès engrangés à Nairobi et Kampala et une virulente charge contre la position d’Emmanuel Macron sur le dossier rwandais, le mouvement de Lisanga Bonganga dessine les contours d'une souveraineté qui refuse désormais les compromis passés. Analyse d'une diplomatie congolaise sur la brèche.
Dans le théâtre feutré mais tumultueux de la diplomatie des Grands Lacs, le Rassemblement des Compagnons d’Etienne Tshisekedi pour le Changement et le Progrès Social (RCET-CPS) a choisi de rompre le silence hebdomadaire pour livrer un plaidoyer sans concession en faveur de l’action internationale du président Félix-Antoine Tshisekedi. Lors d’un point de presse aux allures de bilan régalien, l’organisation a brossé le portrait d’une République démocratique du Congo (RDC) redevenue pivot, tout en décochant des flèches acérées vers l’Élysée. Le mouvement salue une « diplomatie agissante » qui, de Paris à Nairobi en passant par Kampala, semble vouloir replacer Kinshasa au centre de l’échiquier africain. Les récents accords signés avec l’Ouganda, touchant des secteurs aussi névralgiques que les technologies de l’information, le commerce et la recherche, sont présentés non seulement comme des vecteurs de prospérité mutuelle, mais surtout comme le socle d’une intégration économique respectueuse de l’intégrité territoriale.
Cette offensive diplomatique a trouvé son point d’orgue au sommet « Africa Forward » à Nairobi. Fort d’une délégation de quinze ministres, le chef de l’État congolais y a mené une stratégie de présence totale, propulsant la candidature de Juliana Lumumba au secrétariat général de la Francophonie tout en portant un discours réformateur sur la gouvernance mondiale. En plaidant pour une refonte du Conseil de sécurité de l’ONU et une limitation du droit de veto en cas de crimes de masse, Félix Tshisekedi s’érige en porte-voix d’une Afrique qui ne veut plus seulement subir l’histoire, mais l’écrire. Parallèlement, la RDC s’est efforcée de vendre son image de « pays solution » face au péril climatique, mettant en avant ses forêts équatoriales et son potentiel hydroélectrique comme des actifs géostratégiques majeurs.
Pourtant, cette lune de miel diplomatique se heurte à la realpolitik de l’agression rwandaise, sujet sur lequel le RCET-CPS exprime une méfiance viscérale à l’égard de la position française. Les récentes déclarations d’Emmanuel Macron, s’opposant aux sanctions américaines contre Paul Kagame et l’ancien président Joseph Kabila, ont provoqué une onde de choc à Kinshasa. Pour Paris, la sanction paralyserait le dialogue ; pour les Compagnons d’Etienne Tshisekedi, ce discours est jugé « hors sol ». L’organisation rappelle avec amertume que les décennies de mixages militaires, de brassages administratifs et d’accords de paix n’ont produit, selon elle, que des infiltrations et un bilan humain tragique estimé à dix millions de morts. Dans ce contexte, l’appel français à une nouvelle négociation directe avec Kigali est perçu comme une méconnaissance profonde des réalités du terrain.
En définitive, le RCET-CPS exhorte la présidence congolaise à maintenir sa ligne de fermeté. Tout en félicitant les résultats obtenus auprès de l’administration américaine, notamment les sanctions visant l’AFC/M23 et les cercles de l’ancien régime, le mouvement accentue la pression pour que des mesures restrictives ciblées atteignent enfin le sommet de l’État rwandais. Entre les succès de prestige à l’international et la persistance du conflit sécuritaire à l’Est, la diplomatie de Félix Tshisekedi navigue sur une ligne de crête, cherchant à transformer une reconnaissance symbolique en une victoire souveraine tangible. Une ambition qui, pour les partisans du « Sphinx de Limete », ne saurait souffrir d'aucun compromis avec les agresseurs de la nation.
Rédaction || MC