Ebola en RDC : les confessions religieuses se mobilisent contre la propagation du virus
K inshasa – Face à la persistance de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, les confessions religieuses veulent jouer pleinement leur rôle dans la riposte. Réunis jeudi 1er octobre à Kinshasa sous l’initiative de la Caritas Congo ASBL, plusieurs responsables religieux ont décidé de coordonner leurs actions afin de renforcer la prévention au sein des communautés.
L’objectif est clair : utiliser la proximité des responsables religieux avec les populations pour faire barrage au virus, mais aussi aux rumeurs qui compliquent parfois le travail des équipes sanitaires.
À l’issue des échanges, une feuille de route commune a été adoptée. Elle fixe les principales actions à mener, les responsabilités des différents acteurs ainsi que les échéances pour leur mise en œuvre.
Dans les lieux de culte, les fidèles devraient ainsi être davantage sensibilisés aux signes d’Ebola, aux moyens de prévention et à la nécessité de consulter rapidement un professionnel de santé en cas de symptômes suspects.
Les responsables religieux veulent également s’attaquer à une autre difficulté : l’automédication. Ils ont convenu de décourager cette pratique afin d’éviter les retards dans la prise en charge des personnes potentiellement infectées.
Autre priorité : les funérailles. Les leaders religieux se sont engagés à promouvoir des pratiques funéraires sûres, en collaboration avec les équipes sanitaires, afin de réduire les risques de transmission lors des cérémonies d’inhumation.
Faire barrage aux rumeurs
La bataille contre Ebola ne se joue toutefois pas uniquement dans les structures sanitaires. Elle se joue également sur le terrain de l’information.
Les confessions religieuses entendent ainsi contribuer à combattre les fausses informations, les rumeurs et les discours susceptibles d’alimenter la peur ou la méfiance envers les équipes de riposte.
Les responsables religieux appellent les fidèles à privilégier les informations communiquées par les autorités sanitaires et à collaborer avec les équipes engagées dans la prévention et la prise en charge de la maladie.
Ils ont également insisté sur la nécessité de protéger les personnes affectées par Ebola contre la stigmatisation et les discriminations, notamment les malades, les survivants, leurs familles et les agents de santé.
Une mobilisation au-delà de Kinshasa
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet SHIELD, avec l’appui financier du Catholic Relief Services (CRS) et de Caritas Internationalis.
La rencontre s’est déroulée simultanément à Kinshasa, Bunia et Beni, traduisant la volonté des organisateurs d’élargir la mobilisation religieuse aux différentes zones concernées par la riposte.
Selon les données du ministère de la Santé publique arrêtées au 29 septembre, la riposte se poursuivait dans 7 provinces et 63 zones de santé, avec 8 224 cas confirmés.
Dans ce contexte, les responsables religieux veulent transformer leur présence quotidienne auprès des communautés en véritable outil de prévention. Leur message repose notamment sur trois réflexes : connaître les signes d’Ebola, éviter les comportements à risque et se rendre rapidement dans une structure de santé en cas de suspicion.
La mobilisation des confessions religieuses vient ainsi renforcer le dispositif de riposte, alors que les autorités sanitaires poursuivent leurs efforts pour contenir la maladie sur le terrain.
Arnold NDUNDA
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