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Est de la RDC : l’accord de Doha reste fragile et peine à produire des effets

📅 18 November 2025 ✍️ jonasndunda1@gmail.com 🏷️ Catégorie : Sécurité
Est de la RDC : l’accord de Doha reste fragile et peine à produire des effets

L ’accord-cadre signé à Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 continue de susciter des réactions contrastées alors que son application sur le terrain demeure incertaine. Présenté comme une avancée dans la recherche d’une solution au conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo, le texte n’a pour l’instant pas modifié la dynamique des affrontements, encore signalés dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

 

La signature, accueillie favorablement par la France, l’Union africaine et plusieurs partenaires régionaux, a également été saluée avec prudence par le Qatar et les États-Unis, qui insistent sur le caractère préliminaire du document. Il ne s’agit pas d’un accord de paix, mais d’un cadre censé conduire à un texte final d’ici la fin novembre 2025. Pourtant, sur les huit protocoles prévus, seuls deux ont été signés en trois mois : la libération des prisonniers et le dispositif de surveillance du cessez-le-feu, dont la mise en œuvre demeure inexistante. Aucun échange de détenus n’a eu lieu, et le mécanisme de vérification n’a tenu qu’une réunion, limitée à une prise de contact.

Les hostilités persistent malgré l’engagement écrit des parties à « cesser définitivement les hostilités ». Faute d’outils opérationnels et de confiance mutuelle, les violations du cessez-le-feu se multiplient, fragilisant l’ensemble du processus. L’un des premiers points de friction porte sur la réouverture partielle de l’aéroport de Goma, prévue dans le chapitre relatif à l’accès humanitaire. Kinshasa souhaite encadrer la démarche, tandis que l’AFC/M23 rejette cette approche et affirme que seul le mouvement pourra décider de l’ouverture. Kigali, évoquant des risques d’attaques aériennes dans les zones tenues par la rébellion, s’oppose également à une réouverture rapide.

Les divergences sont également profondes sur la question de l’autorité de l’État. Alors que le gouvernement congolais estime que le retour de l’administration nationale dans les zones contrôlées par la rébellion est indispensable, le M23 semble vouloir maintenir et structurer son propre appareil administratif. Le mouvement a récemment organisé des tests de recrutement de magistrats dans les territoires qu’il contrôle, une initiative que Kinshasa juge illégitime. Les deux parties interprètent différemment les engagements de Doha concernant la restauration de l’autorité étatique.

Les discussions à venir sur la sécurité et le désarmement, désarmement et réinsertion (DDR) s’annoncent particulièrement sensibles. Le M23 ne manifeste aucune intention de réduire sa force militaire et affirme que sa branche armée pourrait être intégrée aux forces armées régulières. Le mouvement poursuit recru­tement et formation, compliquant davantage l’élaboration de mesures transitoires crédibles.

Le retour des réfugiés constitue un autre point délicat. Alors que certains mouvements de retour ont déjà commencé sans cadre formel, Kinshasa affirme que certains arrivants ne sont pas identifiés comme Congolais, alimentant les inquiétudes et les tensions autour de cette question qui renvoie à l’histoire même des revendications du M23.

Pour l’heure, l’accord-cadre de Doha apparaît comme un texte ambitieux mais fragile, dont la portée réelle dépendra de la capacité des parties à traduire leurs engagements en actes concrets. Tant que les mécanismes convenus ne seront pas opérationnels et que les combats persisteront, la perspective d’un accord final restera incertaine.

RFI

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