POLITIQUE | RDC — TENSIONS ENTRE DÉPUTÉS PROVINCIAUX ET GOUVERNEMENT CENTRAL
L e climat est tendu entre les Assemblées provinciales et certaines structures du Gouvernement central. Dans une correspondance officielle reçue à la Primature, un collectif de députés provinciaux a alerté le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Shabani Lukoo Bihango, sur ce qu’ils qualifient de « restrictions, tortures administratives et impaiement prolongé ».
Les députés affirment être privés de leurs émoluments depuis plusieurs mois, une situation qui, selon eux, compromet non seulement leur dignité mais aussi leur capacité à accomplir leurs missions constitutionnelles : représentation, législation et contrôle de l’action gouvernementale.
Plus de 7 mois d’arriérés : « Un traitement indigne d’un État de droit »
- Dans leur lettre, les élus rappellent que :
- certains députés provinciaux n’ont plus été payés depuis juin 2025,
- toutes les Assemblées provinciales cumuleraient des impaiements allant jusqu’à octobre 2025,
- les frais liés à la session inaugurale de 2024 n’auraient jamais été liquidés.
« Nous sommes privés de nos émoluments légitimes, ce qui constitue une atteinte à notre dignité et une entrave à notre mission », peut-on lire dans la correspondance.
Ils dénoncent une asphyxie administrative intentionnelle, une stratégie visant — selon eux — à affaiblir les institutions provinciales.
Accusations d’ingérence : “Les Assemblées provinciales ne sont pas sous tutelle”
Les députés provinciaux fustigent également la convocation répétée des membres des bureaux provinciaux à Kinshasa pour des comptes administratifs, alors que la Constitution garantit l’autonomie des Assemblées.
« Ce n’est prévu ni par la Constitution ni par aucune loi de la République », insiste le collectif.
Ils parlent même de marginalisation institutionnelle, de suspicion et de mépris envers des élus légitimes du peuple.
Une solution proposée : réunir les 780 députés provinciaux à Kinshasa
Le collectif propose une rencontre nationale regroupant les 26 Assemblées provinciales, soit 780 députés, afin de trouver des pistes durables de stabilisation institutionnelle.
« Les convocations ponctuelles des seuls membres des bureaux ne résolvent rien. Nous demandons une rencontre inclusive. »
Arnold NDUNDA
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