Projet d’accord RDC-M23 : vers une force spéciale intérimaire pour sécuriser les zones contrôlées ?
L a médiation en cours autour du conflit opposant le gouvernement congolais au mouvement armé Alliance du Fleuve Congo/M23 (AFC/M23) pourrait prendre une tournure décisive. Selon un projet d’accord dont RFI a obtenu copie, l’une des propositions phares porte sur la mise en place d’une « Force spéciale intérimaire pour la région affectée », chargée de sécuriser les zones actuellement contrôlées par les rebelles.
Une formule de compromis
Cette option viserait à concilier deux positions jusque-là irréconciliables : celle de Kinshasa, farouchement opposée à toute force tampon, et celle de l’AFC/M23, déterminée à ne pas abandonner les territoires conquis.
La Force spéciale intérimaire serait la seule autorisée à opérer dans les zones sous contrôle du mouvement rebelle. Elle ne pourrait être déployée ailleurs sans le consentement de ses membres.
Le dispositif prévoit une composition mixte :
50 % issus de l’AFC/M23,
50 % composés de policiers congolais (PNC) et de civils locaux,
mais sans participation des Forces armées de la RDC (FARDC).
Cette structure serait placée sous l’autorité du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, avec un mandat initial de cinq ans, renouvelable. Son encadrement et son recrutement seraient supervisés par un mécanisme multilatéral.
L’épineuse question de l’intégration
À l’issue de ce mandat, la force devrait être dissoute, et ses membres intégrés progressivement soit dans la PNC, soit dans les FARDC. Mais cet aspect du projet soulève déjà des contestations. L’Assemblée nationale congolaise a en effet interdit l’intégration directe d’éléments issus des groupes armés dans l’armée nationale, une mesure adoptée pour mettre fin aux cycles répétés de brassages et mixages jugés inefficaces et sources d’instabilité.
Vers une cogestion des territoires ?
En pratique, ce projet d’accord ouvre la voie à une cogestion sécuritaire des zones contrôlées par l’AFC/M23. Une perspective qui ne manquera pas de susciter débats et résistances, tant du côté des autorités congolaises que de l’opinion publique.
Pour l’heure, il ne s’agit encore que d’un draft soumis à discussion. Son adoption dépendra des compromis que les parties seront prêtes à consentir lors des prochaines négociations à Doha.
Rédaction || MC/RFI