RDC : Accusés de complicité avec le M23, le sénateur Vunabandi et les notables du Nord-Kivu démentent fermement
V isés par une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, le sénateur Célestin Vunabandi et Emmanuel Gashamba rejettent en bloc des accusations de trahison et de collaboration avec la rébellion. Ils dénoncent une campagne de manipulation visant à discréditer l’image de l'un des lieutenant fidèle du Président Félix-Antoine TSHISEKEDI.
C’est une riposte immédiate et coordonnée. Accusés de complicité avec les rebelles de l’AFC-M23 dans une vidéo qui circule massivement sur Internet, le sénateur Célestin Vunabandi et le président honoraire de la communauté hutu du Nord-Kivu, Emmanuel Gashamba, ont publié deux communiqués officiels pour rétablir leur vérité. Tous deux dénoncent des accusations inventées de toutes pièces par une communicatrice locale, Chancella Tshala.
Dans cette vidéo, plusieurs affirmations graves sont avancées : des contacts secrets avec la rébellion, des complots impliquant l'ONU (Monusco) ou encore des voyages clandestins à Kigali, la capitale du Rwanda. Pour l'entourage du sénateur, il s'agit d'une tentative claire de déstabilisation politique.
Des accusations « absurdes » selon le sénateur
Élu indépendant et figure politique majeure du Nord-Kivu, le sénateur Célestin Vunabandi a réagi avec fermeté par l'intermédiaire de sa cellule de Communication. Il rappelle qu'il n'a jamais soutenu, de près ou de loin, le M23. Au contraire, il affirme avoir toujours condamné publiquement les actions de ce mouvement armé qui sème la désolation à l’Est de notre pays.
Pour preuve, le sénateur révèle que sa position de fermeté lui a coûté cher : les rebelles ont saisi et occupent illégalement plusieurs de ses biens au Nord-Kivu. Ses proches soulignent qu'il serait absurde de collaborer avec un groupe qui le cible directement. Le Sénateur Célestin Vunabandi rejette également les rumeurs selon lesquelles il appartiendrait à un parti politique nommé ACM ou qu'il organiserait des déplacements suspects à Goma.
« Cette campagne de fausses informations cherche à salir son honneur, mais aussi à créer de la méfiance envers les notables hutus du Nord-Kivu et à alimenter les tensions entre les communautés. »
Un voyage au Rwanda qui remonte à 2021
L'autre cible de la vidéo, Emmanuel Gashamba, ancien représentant de la communauté hutu congolaise et aujourd'hui déplacé de guerre à Kinshasa, a lui aussi tenu à clarifier la situation. La vidéo l'accusait d'avoir été emmené secrètement à Kigali par le sénateur Vunabandi.
M. Gashamba explique que ce voyage a bien eu lieu, mais en septembre 2021, c'est-à-dire bien avant la reprise des combats avec le M23.
« Ce séjour n'avait rien de secret ni de suspect. Il s'est fait à une époque où le contexte politique et diplomatique entre la RDC et le Rwanda était totalement différent », précise-t-il. Il ajoute que le sénateur Vunabandi n'était pas du tout impliqué dans ce déplacement.
Le notable prend également la défense d'un autre député cité dans la vidéo, Jean Bosco Sebishimbo, expliquant que les accusations portées contre lui reposent sur une mauvaise connaissance de sa circonscription électorale (Masisi et non Rutshuru).
CONTEXTE : La guerre de l'information sur Internet
Dans l'est de la République démocratique du Congo, le conflit armé se joue aussi sur les réseaux sociaux. Les fausses rumeurs, les accusations de trahison et les discours de haine intercommunautaires y sont fréquemment utilisés pour détruire la réputation des leaders d'opinion locaux. Dans un climat très instable, ces publications peuvent avoir des conséquences réelles sur la sécurité des personnes visées.
Vers des poursuites judiciaires
Face à la gravité des faits, le sénateur Vunabandi et Emmanuel Gashamba ont annoncé leur intention de porter plainte pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles. Ils demandent à la justice et aux services de sécurité de ne pas accorder de crédit à ces vidéos sans preuves.
Alors que la partie orientale de la RDC traverse une période très difficile, les deux leaders appellent la population au calme. Ils demandent à leurs partisans de ne pas céder à la colère et de faire confiance aux institutions légales pour régler cette affaire.
Arnold NDUNDA
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