RDC – Assemblée nationale : les pétitions contre Vital Kamerhe et son bureau jugées recevables
L a crise s’intensifie au sein de la Chambre basse du Parlement congolais. La commission spéciale temporaire chargée d’examiner les pétitions déposées contre cinq membres du bureau de l’Assemblée nationale, dont son président Vital Kamerhe, a déclaré ces requêtes recevables lors d’une réunion tenue ce dimanche.
Sur un total de 22 votants, 16 se sont prononcés pour la recevabilité, 5 contre et 1 s’est abstenu. Cette étape ouvre désormais la voie à un examen de fond, préalable à un éventuel vote en plénière.
Des accusations lourdes contre le président de l’Assemblée
Vital Kamerhe est accusé par plusieurs députés de mauvaise gestion financière, de non-respect du règlement intérieur, ainsi que de la suspension des soins médicaux destinés aux élus et à leurs familles. D’autres griefs portent sur un prétendu manque de transparence et un blocage du contrôle parlementaire.
Les initiateurs des pétitions affirment avoir recueilli 262 signatures, soit plus du double du seuil légal fixé à 125. Ils estiment donc que la procédure est conforme au règlement intérieur, malgré les contestations exprimées par les proches du président de l’Assemblée.
Signatures contestées et irrégularités dénoncées
Le camp Kamerhe dénonce, de son côté, plusieurs anomalies qui entacheraient la crédibilité du processus. Parmi elles figurent des doublons de signatures, des noms sans paraphes, ainsi que l’inclusion d’un député non inscrit à la quatrième législature. Certaines signatures sont également jugées non authentiques, ce qui pourrait donner lieu à des recours devant les instances compétentes.
Une bataille politique à hauts risques
Vital Kamerhe, qui a récemment appelé à la cohésion et à la retenue, reconnaît le droit des députés à exercer leur pouvoir de contrôle, tout en invitant les pétitionnaires à reconsidérer leur démarche. Mais les initiateurs maintiennent leur position et rejettent tout compromis.
La décision de la commission spéciale fragilise davantage l’équilibre interne de l’Assemblée nationale et pourrait déboucher sur une recomposition du bureau, selon l’issue du vote en plénière. Politiquement, cette affaire illustre les tensions croissantes entre le président de l’Assemblée et une partie des élus qui l’accusent de gestion opaque.
Rédaction || MC