RDC : crise à l’AFDC, Modeste Bahati Lukwebo destitué de la tête du parti
A près sa démission du poste de deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo traverse une nouvelle zone de turbulences politiques. L’ancien président de l’AFDC a été destitué par un groupe de cadres de sa propre formation politique, qui annoncent désormais l’accession de Otto Bahizi à la tête du parti.
Une fronde interne aux allures de rupture
La décision émane d’un groupe de membres se réclamant de la légitimité des instances du parti. Ces derniers reprochent à Modeste Bahati une « gestion opaque » de l’AFDC, pointant notamment un manque de transparence dans la prise de décisions et la gestion des affaires internes.
Cette contestation intervient dans un contexte politique sensible, alors que l’AFDC demeure une composante de l’Union sacrée de la nation, la plateforme politique soutenant le président Félix Tshisekedi.
Otto Bahizi porté à la tête du parti
Dans la foulée de cette destitution, les frondeurs ont désigné Otto Bahizi comme nouveau leader de l’AFDC. Une prise de contrôle qui pourrait redessiner les équilibres internes du parti, voire impacter son positionnement au sein de la majorité au pouvoir.
À ce stade, aucune réaction officielle de Modeste Bahati Lukwebo n’a été rendue publique, laissant planer une incertitude sur la suite de cette crise.
Un précédent politique marquant
Ce nouvel épisode n’est pas sans rappeler une crise similaire survenue sous le régime de Joseph Kabila. À l’époque, Modeste Bahati avait déjà été écarté de la direction de son parti à la suite de divergences internes, notamment sous l’impulsion de Néné Nkulu.
Cette séquence avait conduit à une scission au sein de l’AFDC, affaiblissant temporairement son leadership avant un retour progressif de Bahati sur la scène politique.
Une longévité politique remise en question
Après plus de 18 ans à la tête de l’AFDC, Modeste Bahati Lukwebo voit aujourd’hui son leadership contesté de l’intérieur. Pourtant, le parti s’est imposé au fil des années comme l’une des principales forces politiques en République démocratique du Congo.
Cette situation soulève une interrogation majeure au sein de l’opinion : pourquoi les accusations de gestion opaque émergent-elles seulement maintenant, après près de deux décennies de direction ?
Quelles conséquences pour l’AFDC et la majorité ?
La crise actuelle pourrait avoir des répercussions importantes, tant sur l’avenir de l’AFDC que sur les équilibres au sein de l’Union sacrée. Une recomposition interne du parti n’est pas à exclure, tout comme d’éventuelles tensions politiques plus larges.
En attendant, cette nouvelle destitution marque un tournant dans la carrière politique de Modeste Bahati Lukwebo, et ouvre une période d’incertitude pour l’AFDC, à un moment clé de la vie politique congolaise.
Arnold NDUNDA
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