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RDC : Godé Mpoyi accuse la Banque centrale d’être à l’origine du retard de paiement des fonctionnaires

📅 17 February 2026 ✍️ jonasndunda1@gmail.com 🏷️ Catégorie : Finances
RDC : Godé Mpoyi accuse la Banque centrale d’être à l’origine du retard de paiement  des fonctionnaires

L e débat sur le retard de paiement des agents publics refait surface. Invité ce mardi 17 février 2026 dans la célèbre émission politique Bosolo na Politik, animée par le journaliste Israël Mutombo, le député national Godé Mpoyi a livré une analyse particulièrement sévère de la situation financière de l’État congolais, pointant directement la responsabilité de la Banque centrale du Congo. Dans une intervention d’environ une heure, l’élu — également professeur d’économie — a décrit une « crise de cohérence budgétaire » née, selon lui, d’un décalage entre la loi de finances votée et la politique monétaire appliquée par l’institution d’émission.

 

Un taux de change au cœur du problème

Selon Godé Mpoyi, le budget de l’État a été élaboré et adopté au Parlement sur la base d’un taux de change de 2 800 francs congolais pour un dollar américain. La révision du taux appliqué par la Banque centrale aurait mécaniquement déséquilibré la masse salariale.

« Lorsque vous modifiez un paramètre fondamental du budget sans réajustement des recettes,  vous créez automatiquement un déficit. Aujourd’hui, ce déficit se répercute directement sur les fonctionnaires », a-t-il déclaré. D’après lui, cette variation a augmenté le coût réel des engagements publics, notamment les  salaires, alors que les ressources fiscales, elles, sont restées pratiquement inchangées.

Révélation sur le paiement de décembre 

Le député a également fait une révélation qu’il qualifie lui-même de « très grave » : le gouvernement aurait dû recourir à une avance exceptionnelle pour honorer le salaire de décembre. « L’État a contracté une créance d’environ 150 millions de dollars auprès d’un contribuable  pour payer les agents publics », a-t-il affirmé, évoquant une pression de trésorerie inhabituelle. Une situation qui, selon lui, traduit non pas une simple tension passagère mais une fragilité structurelle des finances publiques.

Des assurances officielles contestées

Alors que les autorités ont récemment tenté de rassurer la population en affirmant que la situation est sous contrôle, Godé Mpoyi soutient le contraire. Il prévient d’un allongement du  calendrier de paie. « La réalité est préoccupante. Les fonctionnaires pourraient percevoir la paie de février autour  du 20 mars », a-t-il insisté.

Dans plusieurs administrations publiques, les retards de paiement ont déjà commencé à provoquer inquiétude et baisse d’activité économique locale, les salaires des agents constituant un levier important de consommation dans les centres urbains. 

Appel à la rigueur et à la responsabilité

Au-delà du constat, l’élu plaide pour des mesures correctives urgentes. Il propose notamment d’ériger l’incompétence administrative en infraction afin de responsabiliser davantage les  gestionnaires publics. Il recommande également un plan d’austérité ciblé :

●surseoir provisoirement certaines charges de la dette publique, 

●limiter les missions et voyages officiels jugés non prioritaires à l’étranger, 

●reporter certains investissements non urgents. 

Pour lui, la priorité doit rester la paie régulière des fonctionnaires, qu’il considère comme un «  pilier de la stabilité sociale ».

Un enjeu social majeur

Dans un contexte économique marqué par la hausse du coût de la vie, le paiement tardif des  salaires pourrait accentuer les tensions sociales et affecter la confiance envers les institutions  publiques. « La première mission de l’État, c’est d’honorer ses engagements envers ses agents », a conclu  Godé Mpoyi, appelant à une coordination urgente entre politique budgétaire et politique  monétaire afin d’éviter que la crise ne s’aggrave dans les semaines à venir.

Rédaction || Mwindacongo 

0973195904

 

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