RDC : Menace de crise institutionnelle, motions de défiance contre les bureaux des deux chambres du Parlement
À la veille de la rentrée parlementaire de septembre, consacrée au budget 2026, le Parlement congolais s’annonce comme le théâtre d’une bataille politique de grande ampleur. Des motions de défiance seraient en préparation contre les bureaux du Sénat et de l’Assemblée nationale, faisant planer le spectre d’une crise institutionnelle.
Selon des sources concordantes, au Sénat, le président Sama Lukonde, la rapporteure Nefertiti Kundianza et le questeur adjoint Bitika seraient ciblés. Du côté de l’Assemblée nationale, c’est le président Vital Kamerhe, le rapporteur Jacques Ndjoli et la questeure Chimère Polipoli qui sont visés.
Un député, contacté par nos soins, assure qu’il s’agit
« d’une démarche normale qui respecte le règlement intérieur ».
Toutefois, les griefs portés contre le bureau de la chambre basse concernent notamment une gestion opaque des affaires financières, un sujet sensible qui résonne fortement dans un contexte où la bonne gouvernance reste un défi majeur.
Une crise qui inquiète
Cette fronde inquiète la classe politique, car elle intervient à un moment crucial : le débat budgétaire. Si ces motions aboutissent, elles risquent de paralyser le fonctionnement du Parlement et d’hypothéquer l’examen du budget 2026, pourtant vital pour la mise en œuvre des politiques publiques.
Enjeux politiques et luttes d’influence
Au-delà des arguments officiels, certains observateurs y voient une lutte d’influence entre différentes forces politiques, désireuses de renforcer leur contrôle sur les institutions. La mise en cause simultanée des deux bureaux laisse penser à une offensive coordonnée, révélatrice de fractures internes au sein de la majorité comme de l’opposition.
Une épreuve pour la stabilité institutionnelle
Cette situation soulève des interrogations sur la stabilité des institutions en République Démocratique du Congo. À l’approche du débat budgétaire, censé être un moment de consensus autour des priorités nationales, le pays risque de s’enliser dans des querelles politiques qui pourraient détourner l’attention des véritables urgences économiques et sociales.
L’issue de cette crise dépendra de la capacité des acteurs politiques à privilégier le dialogue et la transparence. Faute de quoi, la rentrée parlementaire pourrait s’ouvrir sous le signe de la confrontation plutôt que de la construction.
Rédaction || MC