RDC : Trésor MUTIKI veut bannir les ex-rebelles des institutions régaliennes pour restaurer la loyauté républicaine
L e député national Trésor Lutala Mutiki hausse le ton contre la présence d’anciens chefs rebelles dans les institutions de la République. L’élu de Mwenga (Sud-Kivu) a lancé ce lundi à Kinshasa une campagne de vulgarisation de sa proposition de loi visant à interdire la nomination des anciens animateurs de mouvements insurrectionnels au sein des services de sécurité et des institutions régaliennes.
Pour lui, cette initiative est une réponse directe à la fragilisation de l’État par des infiltrations répétées de personnes autrefois engagées dans des rébellions armées.
« Dans une région meurtrie par des années de conflits, j’ai estimé qu’il était de mon devoir d’agir. Ceux qui ont porté les armes contre la République ne peuvent prétendre la diriger demain », a déclaré Trésor Mutiki devant la presse.
Une loi pour prévenir et dissuader
Composée de 29 articles répartis en six chapitres, la proposition — baptisée « loi Mutiki » — se veut avant tout préventive et dissuasive. Elle ne s’appliquerait pas de manière rétroactive, mais ambitionne d’empêcher à l’avenir toute nomination d’ex-rebelles à des postes stratégiques.
« Ce texte n’est ni une chasse aux sorcières, ni une vengeance politique. Il vise à restaurer la confiance entre le peuple et ses institutions, à consolider la loyauté républicaine et à bâtir un État fort et respecté », a-t-il expliqué.
Appel à la responsabilité patriotique
Le député du Sud-Kivu en appelle à la conscience de ses collègues parlementaires et de la population congolaise. « Le patriotisme ne se chante pas, il se démontre par des actes. C’est ma contribution à la construction de l’État de droit », a-t-il martelé, invitant les élus à soutenir une initiative qu’il qualifie de « républicaine et patriotique ».
Un signal fort dans un contexte d’instabilité
Dans un pays encore marqué par des rébellions à répétition et des processus d’intégration souvent mal maîtrisés, la proposition de Trésor Mutiki résonne comme un message clair : la loyauté envers la République doit primer sur les calculs politiques.
Si elle est adoptée, la « loi Mutiki » pourrait marquer un tournant dans la moralisation du secteur sécuritaire et la reconstruction de la confiance entre les citoyens et l’État. Une manière, selon son initiateur, de tourner définitivement la page des compromissions et d’ancrer la République démocratique du Congo dans une ère de responsabilité et d’intégrité institutionnelle.
Arnold NDUNDA
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