🕒 Chargement date... 💵 Chargement... 💶 Chargement... ₿ Chargement...
Logo MwindaCongo

RDC-UVIRA : Adolphe MUZITO n’avait-il pas raison d’appeler à la guerre contre le Rwanda et la construction d’un mur ?

📅 10 December 2025 ✍️ jonasndunda1@gmail.com 🏷️ Catégorie : Sécurité
RDC-UVIRA : Adolphe MUZITO n’avait-il pas raison d’appeler à la guerre contre le Rwanda et  la construction d’un mur ?

L es débats sur la crise sécuritaire persistante à l’Est de la République démocratique du Congo remettent aujourd’hui en lumière les prises de position fortes de l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito. Dès 2019, il appelait la RDC à envisager une guerre ouverte contre le Rwanda, accusé de soutenir des groupes armés opérant sur le sol congolais. Dans les années qui suivirent, il proposait également la construction d’un mur le long de la frontière commune, une idée accueillie par certains comme une solution extrême mais révélatrice de l’ampleur du problème.

À l’époque, ces propos avaient été perçus comme excessifs, provocateurs et incompatibles avec les réalités diplomatiques de la région. L’idée de « faire la guerre au Rwanda » avait choqué jusque dans les milieux politiques congolais, et la perspective d’un mur-frontière avait été qualifiée de coûteuse, techniquement irréaliste et humainement sensible. Pourtant, ces déclarations avaient un point commun : elles entendaient alerter sur la gravité de la menace et sur l’inaction persistante face à l’insécurité chronique.

Aujourd’hui, au regard de la situation, une interrogation s’impose : Adolphe Muzito n’avait-il finalement pas raison ? Le retour du M23, les affrontements répétés dans le Nord-Kivu, les preuves d’ingérence rwandaise dénoncées par plusieurs organisations internationales, la porosité des frontières, la circulation d’armes, l’impuissance de l’État dans certaines zones et les déplacements massifs de populations donnent à ses anciennes déclarations un nouveau relief. Ce qui paraissait radical hier s’apparente pour certains observateurs à une lucidité précoce sur une menace que le pays n’a pas su contenir.

Les appels de Muzito à renforcer l’armée, à adopter une politique sécuritaire plus ferme ou à sécuriser physiquement la frontière peuvent aujourd’hui être relus à la lumière des évènements récents. À mesure que la situation se détériore à l’Est, ses avertissements prennent la forme d’un signal que l’on n’a peut-être pas voulu entendre.

Les violations répétées du territoire congolais, l’installation durable de mouvements armés soutenus de l’extérieur et l’échec des initiatives diplomatiques régionales donnent le sentiment que les positions de l’ancien Premier ministre rattrapent la réalité du terrain. La question n’est plus seulement de savoir si ses solutions étaient applicables, mais si ses alertes n’auraient pas dû pousser l’État à revoir plus tôt sa doctrine militaire, à moderniser ses capacités de défense et à renforcer le contrôle des frontières.

Ces prises de position ne deviennent pas pour autant des réponses immédiates à la crise, mais elles ouvrent un débat essentiel : la RDC peut-elle continuer à affronter une guerre hybride avec des outils insuffisants, ou faudra-t-il un jour adopter des stratégies plus fermes, même impopulaires ? Entre provocation politique et clairvoyance stratégique, les déclarations de Muzito restent au cœur d'une réflexion nationale sur la souveraineté et la sécurité.

Alors, ces positions rattrapent-elles la situation sécuritaire actuelle à l’Est ? Beaucoup pensent que oui. Non pas parce que la guerre ou un mur-frontière seraient devenus des options évidentes, mais parce que les réalités d’aujourd’hui confirment la gravité du danger qu’il décrivait. Le débat reste ouvert — et plus brûlant que jamais — dans un pays qui cherche encore la voie vers une paix durable.

Arnold NDUNDA

081 94 17 337 

Partager cet article :