RDC : Vital Kamerhe, Sama Lukonde et la nomination du général Gasita au cœur des débats
L a scène politique congolaise est secouée par deux fronts de contestation : d’un côté, la fronde parlementaire qui menace les bureaux des deux chambres du Parlement, et de l’autre, la contestation populaire à l’Est, où la nomination d’un officier supérieur divise. Ces tensions placent le président Félix Tshisekedi face à des choix délicats.
Kinshasa : pétitions contre les deux bureaux du Parlement
Depuis plusieurs jours, des pétitions circulent au sein de l’Assemblée nationale et du Sénat, visant directement leurs bureaux. Selon plusieurs sources parlementaires, les initiateurs de ces démarches reprochent à Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, et à Sama Lukonde, président du Sénat, une gestion jugée opaque et peu concertée des institutions.
La multiplication des signatures inquiète l’exécutif. Pour certains analystes, l’objectif de ces pétitions serait clair : déstabiliser les deux chambres et fragiliser leurs présidents. Pour d’autres, il s’agirait plutôt d’une épreuve de force interne au sein de la majorité présidentielle.
Face à cette menace, le président Félix Tshisekedi a convoqué ce lundi une réunion interinstitutionnelle à la Cité de l’Union africaine, réunissant les responsables de l’exécutif, du législatif et du judiciaire. Officiellement, l’objectif est de « renforcer la cohésion au sommet de l’État ». Mais en coulisses, l’opinion se demande : s’agit-il d’une stratégie pour sauver Vital Kamerhe et Sama Lukonde ? Ou plutôt d’un moyen de contenir une crise politique avant qu’elle ne dégénère ?
Uvira : contestation de la nomination du général Olivier Gasita
Pendant que Kinshasa vit au rythme des manœuvres parlementaires, l’Est de la République démocratique du Congo connaît une autre forme de tension. À Uvira, dans la province du Sud-Kivu, les Wazalendo — forces d’autodéfense locales — et plusieurs organisations de la société civile contestent vigoureusement la nomination du général Olivier Gasita.
D’après les contestataires, ce choix du chef de l’État ne tiendrait pas compte des réalités locales ni de la sensibilité des communautés directement exposées aux violences armées. Ce matin, une marche de protestation a rassemblé plusieurs centaines de personnes dans les rues d’Uvira. Les manifestants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une décision « imposée depuis Kinshasa », sans concertation avec les acteurs locaux.
Cette contestation intervient alors que la province du Sud-Kivu vit une situation sécuritaire extrêmement fragile. Une grande partie de la région reste sous la menace du M23, qui continue d’occuper plusieurs localités stratégiques. Le gouverneur de province, provisoirement installé à Uvira, peine à rétablir la confiance avec les forces vives locales.
Une double crise à gérer
Entre la crise institutionnelle qui fragilise le Parlement et la contestation sécuritaire qui s’intensifie à l’Est, Félix Tshisekedi est confronté à un double défi. Pourra-t-il maintenir l’équilibre politique au sein de sa majorité tout en rassurant les populations d’Uvira ? La réunion interinstitutionnelle annoncée ce lundi apportera-t-elle des réponses concrètes ?
L’opinion nationale reste dans l’expectative. Une chose est certaine : les prochaines décisions du chef de l’État seront scrutées aussi bien dans les couloirs du Parlement que dans les rues d’Uvira.
Rédaction || MC